| Les conditions de travail et le rapport travail/rémunération entraînent souvent des discussions et des conflits entre patronats, syndicats, direction et salariés. Il en fut de même pour les salariés des usines de l’ARBED. Contrairement à d’autres emplacements industriels du Bassin minier, le site de Dudelange ne connut pas de grève majeure, exceptée la grève générale de mars 1921. Les manifestations ne durèrent que quelques jours et ne comptèrent qu’un petit nombre d’ouvriers. Les grèves à Dudelange étaient généralementprovoquées par des rémunérations trop basses par rapport au travail fourni et par rapport aux hausses exorbitantes des prix des biens de consommation. La grande grève du 1er mars 1921 fut déclenchée suite au licenciement de 609 personnes sur les sites de Differdange et de Rodange. Ces licenciements étaient causés par le manque de commandes et par les difficultés de fourniture de coke, provoqués par le retard de ratification de l’union économique avec la Belgique, ayant pour effet une baisse de production. Cette grève se répandit rapidement dans tous les établissements métallurgiques du pays et ne tarda pas à prendre des allures révolutionnaires. Afin de freiner la grève et de maintenir l’ordre en cas de résistance, la direction de l’usine engagea des gendarmes luxembourgeois et des soldats français du bataillon situé au Grand-Duché. Les 11 et 12 mars, la moitié des ouvriers environ reprit le travail, mais ces « briseurs de grève » furent terrorisés et menacés par les grévistes et leurs femmes. La grève dura jusqu’au 17 mars, date à laquelle le syndicat proclama la fin de la grève ; le 18 mars, l’usine reprit son activité. Entre 1921 et 1977, il n’y eut pas de grève à l’usine, malgré les grandes crises de l’acier de 1930 et de 1975. Bien que beaucoup de postes aient été supprimés, l’usine essaya d’engager les salariés à des endroits différents, comme, par exemple, à la commune de Dudelange et au Mont St. Jean. Les grèves qui suivirent en 1977 et en 1982 étaient dues à la fermeture consécutive de l’usine et aux soucis des ouvriers de se retrouver sans emploi. Néanmoins, les efforts des salariés, n’ont pas pu éviter la cessation partielle de l’activité de l’usine de Dudelange dans les années 1980.
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