Portugaise née au Luxembourg
©Florence Aigner |
|
À cheval sur deux cultures, luxembourgeoise et portugaise, je suis sensible à tous ces phénomènes. J’ai toujours été entourée d’amis de toutes nationalités. Cependant lorsque j’étais enfant, mes amis les plus proches étaient des Portugais. Ce n’était pas un choix, cela s’est fait tout naturellement, probablement parce que nos mères se connaissaient, que la communauté portugaise est très soudée et que nous avions les mêmes centres d’intérêt. Pendant ma période lycéenne, j’ai élargi mon cercle de connaissances, d’autant que j’ai changé d’établissements plusieurs fois. À Roubaix, j’avais mes amis roubaisiens et lorsque nous sommes arrivés sur Paris, on nous appelait « les provinciaux ». On pourrait me rétorquer que c’est une forme d’intégration, mais le Luxembourg est un pays où se côtoient tellement de nationalités, je pense d’ailleurs que la langue véhiculaire n’est pas le Luxembourgeois. Pour moi il est important de maîtriser la langue, mais libre à chacun de faire comme il veut. D’ailleurs, je trouve la langue luxembourgeoise assez complexe : il y a des mots que je ne connais pas, que je ne comprends pas tout de suite et je ne sais pas l’écrire sans fautes. Pour moi, c’est presque un apprentissage permanent. Je parle le luxembourgeois couramment, mais ce n’est pas ma langue maternelle, c’est en fait une langue étrangère que j’ai eu beaucoup de mal à apprendre. Pourtant, je me considère Luxembourgeoise : lorsque je suis à l’étranger, je précise que je viens du Luxembourg. Je ne dis pas : « Je suis portugaise ! » Et puis d’ailleurs, au Portugal, je ne suis pas du tout considérée comme une Portugaise, je suis Luxembourgeoise avant tout. Et quand je présenterai mes collections en dehors du Luxembourg, je serai probablement « la styliste luxembourgeoise d’origine portugaise ». Extrait de l’entretien accordé pour l’exposition et le livre Retour de Babel |
Itinéraire :Luxembourg, Roubaix, Paris, Luxembourg |
Biographie :Natércia Rebelo est née au Luxembourg en 1977 de parents portugais. Après l’étape difficile, mais obligatoire, du lycée, elle poursuit ses études en France, à l’École supérieure des arts de la mode ESMODE. Elle s’installe à Roubaix les deux premières années de ses études et vit à Paris la dernière année. Elle acquiert le diplôme de Styliste/Modéliste et revient au Luxembourg pour vivre auprès des siens. Quelques années plus tard elle présente sa première collection de vêtements. Natércia se considère une Portugaise heureuse de vivre au Luxembourg. |