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© Andrés Lejona

Madame Shlomit Butbul

La vie, c’est l’échange

À mon arrivée ici, j'avais décidé d'abandonner ma profession. Je voulais fonder une famille. Mais les enfants ne venaient pas et j'étais très déprimée et triste. L'endroit où se trouve actuellement L'Inouï appartenait aux grands-parents de mon mari depuis environ cent cinquante ans. (…) Lorsque mon mari m'a dit qu'il avait décidé d'en faire un club de jazz, je lui ai rétorqué qu'il n'avait aucune idée de ce que c'est que de gérer cela, et que je ne voulais plus être serveuse ! Je l'avais été pendant mes études de musique. Il n'était plus question pour moi d'être debout tous les soirs jusqu'à trois ou quatre heures du matin. D'autre part, les musiciens ont besoin de bons équipements techniques, d'un bon éclairage électrique, de bonnes loges, etc. Il m'a dit : " On fera tout cela. Ne t'en fais pas. "
Je me suis dit que si je lui expliquais toutes les dépenses que cela allait occasionner, il trouverait cela trop cher et qu'il laisserait tomber l'idée, mais il m'a répondu qu'on trouverait le moyen de le faire. Et nous l'avons fait !

Extrait de l'entretien publié dans le livre Retour de Babel

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