Si les œuvres littéraires de Victor Hugo sont universellement connues, son engagement politique pour la république et contre la peine de mort l’est beaucoup moins. C’est au titre de républicain et démocrate que Victor Hugo doit quitter la France en 1851, proscrit comme nombre d’autres Français pour avoir pris position contre le régime autoritaire, puis le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. Usurpant sa fonction de président de la République française, celui-ci avait fini par rétablir l’Empire. Pendant dix-neuf ans, Victor Hugo vit en réfugié politique à l’étranger, principalement sur l’île anglo-normande de Guernesey. Au cours de cet exil, il visite le Luxembourg en 1862 et 1865. En 1870, la guerre franco-prussienne entraîne la chute de l’Empire. Victor Hugo retourne en France. Il y est élu député de la IIIe République, mais démissionne de ce mandat pour protester contre la dérive réactionnaire du nouveau régime. Il vit le blocus de Paris par les Prussiens et assiste dans la capitale assiégée à l’émergence de la Commune, ébauche d’un premier régime socialiste. En mars 1871, il se rend à Bruxelles pour une affaire de famille. Dans la capitale belge, il apprend l’échec de la Commune. Il offre publiquement l’asile à son domicile bruxellois aux Communards qui risquent la peine de mort tout en précisant qu’il n’adhère pas à leur histoire. Par cette manifestation, il s’attire les foudres du gouvernement belge qui l’expulse. Il se réfugie le 1er juin 1871 au Luxembourg, où il vivra en exil, à Vianden, pendant trois mois et demi.